La question qui se pose maintenant est celle de la pertinence de ces tests. Baudoin Prot, PDG de BNP Paribas défend ces tests de résistance : « Ils ont été menés selon une méthodologie commune et à partir de scénarios économiques comparables, sinon plus sévères, que les scénarios utilisés lors d'un exercice similaire réalisé au printemps 2009 par les Américains ». Il faut donc se caler sur les méthodologies américaines pour afficher une certaine crédibilité.
Cependant, l’Europe a montré avec les épisodes de la Grèce ainsi que les rumeurs sur les « PIGS » que des hypothèses de faillite d’un état membre semblent devoir être prises en compte. Or, en dépit de ces inquiétudes, les banques n'ont pas été exposées à une éventuelle faillite souveraine. Seulement quelques spreads ont été creusés en guise de compromis avec les régulateurs.
Ainsi, toutes les banques grecques sauf une ont réussi les tests, alors même qu’elles sont fortement exposées aux obligations d’état de la Grèce.
La conduite de ces tests aura sans doute permis une chose importante, c’est une plus grande transparence des banques sur leurs portefeuilles. Il a en effet été demandé aux banques de détailler leurs portefeuilles d'obligations d'Etat de l'Union européenne et de préciser dans quelles proportions celles-ci figuraient dans des « banking books » (portefeuille de sous-jacents pour lesquels l'hypothèse de défaut est exclue) .
Ces informations étaient publiées sur la base du volontariat mais à l’exception de quelques banques allemandes, la plupart ont joué le jeu.
Les résultats ont cependant rassuré les marchés temporairement. L’euro est resté accroché à son niveau de 1,30. Les investisseurs continuant à prendre quelques profits, c’est l’occasion pour les importateurs refroidis par les niveaux de 1,20 de compléter leurs couvertures. Le contexte économique n’incite pas à penser que l’euro est reparti vers les 1,40.
Bonne semaine
A.Balaÿ
