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Moody's dégradera-t-il la France ?
 
Inquiétudes estivales …
Écrit par Bogdan POPA
Mercredi, 21 Juillet 2010 23:00
 

Pas de détente sur les marchés financiers : les vacances d’été ne sont pas pour tout de suite. La situation macroéconomique et financière des deux côtés de l’Atlantique ne donne pas encore le soulagement tant attendu par les analystes.


Inflation
Avec ce graphique en tête Ben Bernanke est allé le 21 juillet devant le Sénat. Son discours a été marqué de pessimisme : depuis trois mois, les anticipations d’inflation ont baissé de 0.5% sur chacune des dix prochaines années, signe de l’accélération des peurs déflationnistes. Avec quelques millions de chômeurs de trop, (un retour aux données d’avant crise n’est pas attendu avant 10 ans), les Etats-Unis sont loin de sortir des mesures expansionnistes. La politique monétaire laxiste semble continuer d’accompagner la trop lente reprise américaine et cette situation risque de durer plus longtemps que prévu. Ce possible prolongement des taux de refinancement « exceptionnellement bas » a eu une mauvaise influence sur le dollar ces dernières semaines. De plus, la réforme du système financier adoptée par le Congrès peut entrainer des conséquences fortes outre-Atlantique. En effet, cette réforme rend les agences de notations américaines responsables des éventuelles conséquences malheureuses dues à leurs politiques de notation. Cependant, les trois principales agences de notation ont demandé à leurs clients de ne plus utiliser temporairement leurs notations sur les obligations publiques américaines, leurs services juridiques étudiant l’impact de la réforme. Il s’annonce une période pleine d’incertitudes jusqu’à ce qu’on comprenne les nouvelles règles du jeu dans le système financier. Inutile de dire que l’incertitude ne manquait pas sur les marchés …

 

Côté Europe des Vingt-sept, tout le monde attend impatiemment le 23 juillet, jour où vont être publiés les résultats des stress-tests des principales banques européennes. Exercice très politique pour les dirigeants européens. Angela Merkel défend ces tests, en affirmant, sans avoir complètement tort, que pour analyser les scénarios extrêmes, il fallait bien tenir compte des interventions étatiques. D’autre part, il n’est pas surprenant de voir la chancelière s’inquiéter, vu la situation des Landesbanken, HRE et d’autres banques allemandes qui ont été fortement touchées par la crise. Les banques françaises semblent mieux tirer leur épingle du jeu, peut-être dû à des stress-tests trop « gentils ».

 

Malgré tout, cette situation peut changer après la publication des résultats le 23 juillet. Vu la situation fragile de part et d’autre de l’Atlantique, il semble que tout puisse arriver sur le marché des devises, et la volatilité à court terme de l’EURUSD n’est pas prête de disparaître. Sur le moyen terme, il est raisonnable de penser que les niveaux actuels, entre 1.25 et 1.35, vont persister .