| Vers la japonisation de la zone Euro ? |
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Écrit par Eric BOULOT
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Mardi, 25 Mai 2010 00:00
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Scénario connu : une bulle spéculative, suivie d'une crise de liquidité, un crash massif évité grâce à une baisse des taux et l'injection de liquidités dans le circuit par la banque centrale. Oui les symptômes manifestés par les économies européennes ressemblent fort à ceux affichés depuis deux décennies par le Japon. Faut-il en conclure que la zone euro est vouée à une croissance (très) molle pour les 20 prochaines années ? Il reste des raisons d'espérer ... La crise japonaise était à l'origine une crise des banques, ensevelies sous des montagnes de prêts risqués, et mal provisionnés. La crise européenne est aussi une crise de la dette, mais les créanciers à risque sont les gouvernements et non des particuliers. Est-ce un moindre mal? Oui et non. Oui car les ressources d'un état sont plus grandes, non car les conséquences d'une faillite sont plus graves. Les politiques qui nous gouvernent connaissent leur bréviaire d'économie, simplement ils savent que le réciter est la meilleure façon de ne pas se faire réélire. Donc ils promettent, empruntent et promettent d'emprunter encore. Le marché leur a rendu deux fiers services. Il les a rappelés à la réalité, car sans l'accès au marché, les états ne peuvent pas survivre plus de quelques jours, mais surtout il a vite enseigné à leurs électeurs la première leçon d'économie du manuel : qui paie ses dettes s'enrichit. Ainsi nous sommes partis pour quelques mois, voire quelques années de rigueur. Les grecs parce qu'ils ont promis, les anglais parce qu'ils ont élu leurs gouvernants pour, les allemands parce qu'ils y prennent du plaisir, et les français parce qu'ils savent qu'on ne peut faire autrement. Conséquences sur les marchés : la sortie de crise sera molle, même un peu d'inflation sera tolérée, et les taux ne sont pas près de monter au ciel. Avec un taux de swap 10ans contre Euribor 6M sous 3% pour la première fois depuis plus de 10 ans, la courbe s'est aplatie et une re-pentification n'est pas à l'ordre du jour. Quant à l'Euro, avec des taux longs 25bps plus bas que le Dollar, nous risquons de ne pas revoir le niveau de 1.30 tout de suite. Le marché a brutalement retiré sa confiance aux gouvernements européens, il la redonnera petit à petit ... Eric BOULOT
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