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Dexia : Le Lehman Brothers européen ?
Écrit par Augustin BALAY
Mercredi, 12 Octobre 2011 09:00
 

dexiaAprès une lutte de près de trois ans, la crise de la dette européenne a eu raison de Dexia. Depuis une semaine, la banque Franco-belge tente d’organiser son propre démantèlement. Cet épisode n’est pas sans rappeler la faillite de Lehman Brothers en 2008 ayant entrainé la plupart des banques dans une spirale infernale, et qui auraient connu le même sort sans l’intervention bienheureuse des Etats. Alors mêmes causes, mêmes conséquences ? Doit-on craindre l’effet domino ?

Les causes :
Les apparences sont parfois trompeuses. De loin, les événements chez Dexia ressemblent fortement à ceux qu’a connus la banque Lehman Brothers en 2008. La banque américaine faisait face à une crise de liquidité majeure due à une position démesurée sur les prêts immobiliers à risque (subprimes).
Dexia connaît un peu le même sort, à la différence près que les actifs risqués de Lehman étaient supportés par des ménages ayant emprunté pour devenir propriétaires et dont les biens achetés avec des « crédits subprimes » se sont dépréciés au cours de l’année 2007, alors que les actifs de Dexia ont été émis non pas par des ménages surendettés, mais par des Etats surendettés et dont les perspectives de rentrée fiscale s’amenuisent avec la croissance en berne.

Les conséquences :
Selon certains économistes, les difficultés de la banque sont isolées. Elles viennent du sauvetage imparfait de l’établissement en 2008. En ce sens, il n’est pas tout à fait exact de dire qu’elle est la première victime de la crise des dettes souveraines puisque ses problèmes remontent à la crise des subprimes. Il s’agirait plutôt d’une victime collatérale. Donc il semble que le scénario de contagion systémique soit à écarter d’autant plus qu’à la différence de Lehman, les Etats sont disposés à accompagner ce démantèlement, quitte à nationaliser une partie des actifs toxiques. Les marchés retiennent pour l’instant leur souffle en espérant que ce soit bien le cas.

Quel impact pour les collectivités françaises ?
Depuis trois semaines, on entend que nos collectivités locales sont étranglées par des emprunts toxiques, dont 70% auraient été souscrits auprès de Dexia. D’autre part, Dexia occupait une place prépondérante sur le marché des prêts classiques.

L’activité de prêts aux collectivités devrait être reprise par un consortium Caisse des Dépôts / Banque Postale. Cette nouvelle structure bénéficiera de la solidité financière de la Banque Postale par sa banque de réseau et du savoir-faire de la Caisse des Dépôt en termes de financement des collectivités publiques. Les collectivités soumises à une forte dégradation de leurs conditions de financement durant l’été peuvent voir ce nouveau paysage avec soulagement. L’apport de nouvelles liquidités via la Banque Postale devrait améliorer la fluidité des marchés de crédit pour les émetteurs publics : plus de capacité, des marges plus serrées.
En revanche le devenir du portefeuille d’emprunts toxiques reste assez flou : ce portefeuille sera-t-il inclus dans une « bad banque », fera-t-il l’objet d’une structure de défaisance garantie par l’Etat ou continuera-t-il d’être géré au cas par cas? Quel interlocuteur pour les émetteurs ? Les collectivités concernées n’ont pas fini de s’interroger sur le traitement de ce dossier.

Affaire à suivre ...


Augustin Balaÿ