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Le Grèce va-t-elle sortir de la zone Euro ?
 
Brève de comptoir
Écrit par Eric BOULOT
Lundi, 08 Août 2011 22:00
 

Le pastis de la financeDette américaine dégradée, bourses au plancher, devises chahutées ! Si le début de l’été fut pluvieux en France, sur les places financières, il est chaud. La période estivale est souvent propice à quelques bonnes discussions de comptoir autour du pastis (suivant les régions, on peut remplacer par cidre, calva, bière, kir, ti punch ...). Profitons de cette opportunité pour balayer quelques idées reçues.

Les agences de notation sont criminelles.
Oui, lorsqu’elles dégradent la note d’un état, alors les conséquences sont terribles. Sont-elles responsables ? Non, elles ne font qu’émettre une opinion. Rappelons que, chez Standard and Poor’s, première agence des 3 grandes à avoir dégradé le sacro-saint AAA des Etats-Unis, la note était sous perspective négative depuis le 18 avril. On a très longtemps reproché à ces agences de ne pas être assez réactives, aujourd’hui elles le seraient trop ?

Les économies mondiales sont devenues des intoxiquées des marchés.
Oui, car tous les gouvernements émettent de la dette, sans quoi ils ne pourraient pas fonctionner plus de quelques jours. La désintoxication est possible, mais douloureuse. Certains pays comme l’Australie ou la Chine fonctionnent très bien avec une dette extérieure très faible (<30% de leur PIB), d’autres sont bien au-delà des 100% du PIB, comme le Japon ou l’Irlande.

La bourse monte doucement, mais quand elle baisse, c’est la dégringolade.
Rien de plus faux. Un simple exemple montre le contraire. Prenez les cours de clôture du CAC 40 depuis février 1998, date à laquelle les niveaux étaient comparables au niveau actuel (un peu plus de 3 000). Les scénarios de plus forte baisse quotidienne sont du même ordre de grandeur que ceux de plus forte hausse (10ème plus forte hausse : +208, 10ème plus forte baisse : - 209).

La BCE ne fait pas ce qu’il faut.
Tout dépend de son mandat, qui est de stabiliser l’inflation, ce qu’elle fait remarquablement bien. La question est de savoir si c’est le bon mandat. Cette crise financière qui n’en finit pas est dûe à notre endettement inconsidéré, plus qu’à la titrisation effrénée des actifs subprimes. Plusieurs économistes recommandent ainsi de sortir de la spirale de l’endettement par le retour à l’inflation, manière un peu « soft » de faire payer les créanciers.

Le pastis marseillais est meilleur que le cidre breton.
Tout dépend de l'agence de notation.

 

Bon retour aux juillettistes, bonnes vacances aux aoûtiens,

Eric BOULOT