Dette grecque. On passera cette fois ci-brièvement sur le feuilleton grec. Rien n’est évidemment résolu, et les marchés ont intégré désormais un niveau très élevé d’incertitude. Aux dernières nouvelles :
- Les plans d’austérité ont été votés. La n-ième tranche d’aide va pouvoir être versée et le besoin d’une tranche supplémentaire est déjà évoqué. Plus personne ne sait trop où on en est.
- les banques trainent un peu les pieds pour participer au « Rollover » de la dette grecque, c'est-à-dire prêter de nouveau à la Grèce, et sur une longue période, les sommes remboursées au titre des prêts échus. Les négociations suivent leur cours.
- Si « Rollover » il y a, il sera probablement assimilé à un défaut par une ou plusieurs agences de notation, mais la BCE a, semble-t-il, déjà trouvé la parade et cela ne devrait pas l’empêcher de continuer à prendre une part importante au dispositif d’aide à la Grèce.
Roue de l’infortune. Plus embêtant : la dette du Portugal est de nouveau dans le viseur, avec une dégradation cette semaine de 4 crans de sa notation par Moody’s. Les autres agences suivront sans doute, concrétisant une nouvelle fois la crainte majeure des marchés : la contagion de la crise grecque aux pays jugés fragiles de la zone Euro. Cela ressemble à l’engrenage de fin 2010, lorsque Portugal et Irlande avaient pour la première fois pâti de la défiance des marchés. Bis Repetita donc, mais avec des marges de manœuvre réduites et une certaine lassitude de nos gouvernants. Le risque majeur ? Que l’Espagne soit cette fois clairement attaquée, ce qui n’a jamais été le cas.
Grande Bretagne. Les britanniques savent se faire discrets lorsque les circonstances l’exigent : avec une inflation à plus de 4.40% (sans doute plus de 5% en 2011 d’après la Bank Of England), l’extrême faiblesse de la croissance (moins de 1% en 2011, en partie à cause de l’inflation élevée) et un déficit budgétaire quasiment à 10% pour 2010 et difficilement réduit en 2011 (pour cause de croissance insuffisante), la Grande Bretagne présente des statistiques qui devraient attirer sur elle les foudres des marchés. Ça n’est pas le cas pour l’instant, mais attention : à la faveur des hausses de taux de la BCE et du statut quo de la Bank Of England, la Livre Sterling pourrait être la première victime, avec des opérations de carry trade (emprunter la Livre à taux bas pour la vendre contre des devises plus rémunératrices) qui la ferait glisser doucement. Avec la bénédiction des autorités britanniques ?
BCE. Va-t-elle monter ses taux demain ? Même si cette nouvelle est attendue par les marchés, elle entérinerait une situation de déséquilibre des niveaux de taux d’intérêt Euro avec les zones Dollar et Livre Sterling, et aurait des conséquences durables sur les parités de change.
Le conseil de la semaine s’adresse aux exportateurs en Livres Sterling : soyez vigilants et souvenez-vous que la Livre Sterling a frôlé la parité avec l’Euro fin 2008. En cas de dépassement franc de 0.90, n’hésitez pas à couvrir une partie de vos flux. L’EUR/USD, quant à lui, semble plus que jamais installé dans sa fourchette 1.40 – 1.46. Attention donc si on se rapproche d’une de ces deux bornes.
Bonne semaine à tous
Jean-Nicolas HUTIN

Les grandes vacances se profilent, mais elles ne seront pas pour tout le monde. En effet, les sujets de préoccupation ne manquent pas et pourraient enflammer les marchés à la moindre occasion : tour d’horizon, de la Grèce à la prochaine hausse des taux de la BCE.