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Le Grèce va-t-elle sortir de la zone Euro ?
 
Ping Pong
Écrit par Jean-Nicolas HUTIN
Mardi, 07 Juin 2011 00:00
 

Etats-Unis et Europe nous proposent depuis quelques semaines, un étrange ballet, qui voit se croiser rumeurs alarmantes et nouvelles rassurantes sur l’état de leurs économies respectives. Les Gouvernements et Banques Centrales sont à la manoeuvre pour gagner du temps et calmer les marchés à coup de plans de relance, de sauvetage ou de politiques monétaires non conventionnelles; mais l’impression d’ensemble reste celle d’une longue et inexorable dégradation économique des deux côtés de l’atlantique...

Côté bonne nouvelle, l’Europe est à l’honneur après deux semaines de turbulences grecques : elle vient de se donner une n-ième bouffée d’oxygène avec l’adoption d’un nouveau plan d’aide d’une centaine de milliards d’euros pour la Grèce. Contrepartie habituelle, la Grèce devra accroître son programme de privatisations pendant que le citoyen grec sera invité à se serrer encore un peu plus la ceinture, tout en acceptant de payer ses impôts. Ouf, se disent les marchés, les allemands ont cédé, et il n’y aura pas de restructuration de la dette. Mais pour combien de temps, car à trop presser un citron qui n’a plus de jus…

Au même moment, les mauvaises statistiques de l’emploi aux Etats-Unis (54 000 emplois créés, chiffre le plus bas depuis 9 mois) sont venues rappeler combien la situation économique est précaire outre-Atlantique : le chômage est en hausse (9.1%), les perspectives de croissance sont revues à la baisse et la crise immobilière sévit toujours. Pour réagir, les autorités américaines sont… démunies : l’impasse budgétaire, avec des déficits au plus haut et l’épée de Damoclès des agences de notation, empêche tout plan de relance à court terme. Et l’arme monétaire de la FED fonctionne déjà à plein depuis plusieurs mois avec des taux à zéro et une politique non conventionnelle d’ « assouplissement quantitatif » toujours en vigueur et peut-être reconduite en juin. Comme les Européens, ils ne disposent, semble-t-il, que de l’arme du temps pour contrer les vents mauvais, en espérant que le salut viendra de l’économie mondiale.

Cette partie de ping-pong entre les deux géants dure depuis le début de l’année, et la parité EUR/USD en est le tableau d’affichage : 1.30 au début de l’année, 1.49 début mai, 1.39 fin mai et 1.46 aujourd’hui. Au gré de ces nouvelles, la parité EUR/USD fait le yoyo avec une volatilité rarement atteinte. Pendant que les deux devises se rendent coup pour coup, le Yen et le Franc Suisse conservent plus que jamais leur statut de monnaie de réserve : le franc suisse, notamment ne connaît qu’un sens, la hausse, et a explosé tous ses records historiques face au dollar et à l’Euro (l’EUR/CHF flirte avec les 1.20 contre 1.30 il y a quelques semaines). Si la Suisse est connue pour ses abris anti-atomiques, sa monnaie est aujourd’hui plébiscitée comme devise de refuge en cas de déflagration monétaire…

Aujourd’hui, les exportateurs en dollar doivent être prudents, le yoyo va contre eux. Aux importateurs d’en profiter : à plus de 1.46, ils feraient bien de compléter leur dispositif. Quant à ceux qui sont exposés à une hausse du franc suisse, il faudra tirer avantage de tout rebond de l’Euro, car nul ne sait jusqu’où pourra se poursuivre la glissade de la parité EUR/CHF.

Bonne semaine !

Jean-Nicolas HUTIN